Multimodalité. Le service dispose de 10 scooters thermiques, 2 électriques, 4 voitures et 1 vélo électrique. Destinations. Les déplacements se font à l’échelle locale, mais il y a aussi des trajets sur l’Aube, Dijon et l’Île de France.
Démarrée depuis 2008, la plateforme de service mobilité du Pays châtillonnais s'inscrit dans le cadre du contrat du Pays châtillonnais 2007-2013.
Comme l'a rappelé Michel Neugnot, président de la mission locale, la première chose que l'on demande pour l'accès à l'emploi ou la formation est la mobilité, et 55 % des jeunes n'ont pas de moyen de locomotion sur le territoire. La plateforme de service mobilité du Pays châtillonnais a donc été créée pour répondre à un vrai besoin, afin d'améliorer les capacités de mobilité des populations précarisées.
Prescription sociale
Thierry Lopez, le responsable, a exposé son bilan. Fonctionnant sur le principe de la prescription (Pôle Emploi, Mission locale, GREN, conseil général et CCPC), le service concerne les personnes en état de précarité en offrant d'une part un accompagnement à la mobilité sous forme d'ateliers, visant l'autonomie des personnes accompagnées. L’association intervient aussi en soutien pour le passage du code de la route, pour la location de véhicules, et réfléchit sur un service de transport à la demande. Bien entendu, l'aide n'a pas vocation à se faire en continu, la durée maximale de location de véhicule étant fixée à 3 mois (renouvelable 1 fois).
52 personnes aidées en 2009
Le service dispose de 10 scooters thermiques, 4 voitures, d'un vélo assisté électriquement (en réparation), et de 2 scooters électriques loués dans le cadre d'un test effectué en partenariat avec EDF. 52 personnes en tout ont été aidées en 2009, dont 39 pour la location, 9 pour les ateliers et 4 pour le soutien au code. Parmi elles, on compte 21 femmes, 28 personnes de moins de 26 ans, et 8 de plus de 45 ans, pour des métiers divers (cuisinier, serveuse, maçon, bâtiment, ouvrier viticole, caissière, plombier, mécanicien, couvreur, magasinier…). La majorité des personnes demandeuses sont salariées ou sans travail, et il y a aussi 7 intérimaires. Les destinations des usagers sont locales, mais on trouve également des trajets sur l'Aube, et quelques destinations plus longues comme Dijon et l'Île de France, pour des distances moyennes de 25 km aller-retour en scooter et 50 km pour les voitures. 44 personnes sont sorties de l'aide, dont 17 définitivement. La moyenne des locations s'établit à 250 journées par mois.
Déplacements écologiques
Malgré une conjoncture difficile, le service a bien fonctionné, sans baisse de demande de location. C'est grâce à un réel partenariat avec les collectivités, les services de l'État, le service public, les associations locales et les entreprises qu'un tel projet a pu déboucher en assurant une cohérence d'action depuis le repérage des besoins jusqu'au suivi des personnes. Le test de véhicules électriques a permis au milieu rural d'accéder à des technologies récentes tout en favorisant le déplacement écologique, en amenant une réflexion plus globale sur les déplacements alternatifs et propres. L'aide apportée est technique mais aussi psychologique, avec un travail mené pour vaincre les peurs de l'éloignement notamment, lors des ateliers.
Pour l’avenir
Il faut continuer sur cette lancée en travaillant encore plus en relation avec les différents acteurs. Une vraie demande existe sur le Pays de l'Auxois, il faudra donc étendre le service à ce territoire. Le parc de véhicules est également à améliorer en nombre et en qualité. Le test électrique se prolongera avec l'acquisition d'une voiture d'ici 2 ans maximum.
CYRIL RUTOWSKi Edition du Bien Public du 15 juillet 2010