Frédéric Remond. Directeur de la Mission locale de Dijon.

« Nous sommes des amortisseurs de crise »

La mission locale de l’arrondissement de Dijon tenait son assemblée récemment. Rencontre avec son directeur, Frédéric Rémond.

 

Votre activité a fortement augmenté en 2009 au niveau du premier accueil des jeunes. Comment l’expliquez-vous ?

« Du fait de l’importante augmentation du chômage chez les jeunes en raison de la crise. Le premier accueil, celui de personnes que nous n’avons pas connu auparavant, a augmenté de 24 %. C’est 600 jeunes de plus qu’en 2008 ! Par rapport aux jeunes avec lesquels nous sommes déjà en contact, nous sommes à 6 600 (+ 8 %). La caractéristique en 2009, c’est qu’il y a plus de garçons que de filles, une première ! »

 

Comment gérez-vous cette influence ?

« On a pu gérer parce que nous avions un peu plus de personnels. Mais, il est indéniable que, en s’occupant autant de premier accueil, la qualité du suivi s’en ressent. »

 

Quelles sont vos missions exactement ?

« On travaille à la recherche d’emplois, à la formation et à l’orientation professionnelle. Certains jeunes ont décroché de l’Education nationale. Il faut reprendre avec eux ce qu’ils ont envie de faire et voir les potentiels d’emplois sur l’arrondissement. Nous tenons compte également d’un aspect vie sociale, c’est-à-dire que nous traitons les problèmes en globalisant la situation. Depuis le lancement de notre programme CIVIS, un dispositif d’accompagnement qui permet d’avoir une allocation minime pour les aider de la qualification à l’emploi, il y a 40 % des jeunes qui ont trouvé un emploi direct. »

 

D’autres résultats ?

« En 2009, 52 % des jeunes suivis ont trouvé une solution, de formation, d’emploi ou d’alternance. C’est un peu moins qu’en 2008 (56 %), mais, compte tenu du contexte, ce n’est pas si mal. Les emplois aidés ont permis de limiter la casse. On a des amortisseurs de crise. »

 

Quels sont vos projets en 2010 ?

« Nous avons bénéficié d’un effort financier de l’Etat dans le cadre du plan de relance. Ce qui nous a permis de recruter des conseillers. Nous allons intégrer fin août de nouveaux locaux, rue du Château, à Dijon. Avec la ville de Dijon, nous avons un partenariat pour aider les jeunes à passer leur permis de conduire dans le cadre d’un projet professionnel. Avec celle de Beaune, nous sommes associés pour un programme de tutorat en apprentissage... Néanmoins, les difficultés sont là en raison du contexte économique… »

 

Edition du Bien Public du 10 juillet 2010