En Saône-et-Loire, 9.7 % des candidats au bac 2009 n’ont pas obtenu leur diplôme.

J'ai pas le bac. Et alors ?

 

Passe ton Bac d’abord ! Oui mais parfois certains n’ont pas le choix et trouvent leur voie sans avoir le précieux sésame.

 

 

J’ai raté mon Bac deux fois. C’était un Bac STI électro-technique. La deuxième fois, je l’ai loupé d’un demi-point. » Audrey, jeune chalonnaise de 22 ans, se souvient de cette période difficile. « J’ai très mal réagi au départ. Mais quand on n’est pas fait pour l’école, il faut l’accepter. » Au commencement, Audrey veut continuer ses études : « Je voulais absolument avoir une formation qualifiante. J’ai démarré un BTS par alternance, BTS MUC (Management des unités commerciales), mais j’ai dû rompre le contrat au bout d’un mois. Ça m’a permis de découvrir que l’on pouvait entrer en BTS sans le Bac. » Inscrite à la Mission locale, Audrey passe un bilan de compétences. Elle effectue ensuite un stage de découverte en télécommunications. « Je m’étais inscrite au dispositif de la Mission locale ’’ 100 chances, 100 emplois ’’ qui fait tourner le CV auprès d’entrepreneurs et j’ai été préparée à des entretiens. » Au bout de 9 mois de chômage sans Assedic, la chance finit par frapper à la porte d’Audrey qui est recrutée en juin dernier par la société Touch’Elec? spécialisée dans la plomberie et l’électricité. « Je fais de la plomberie et de l’électricité, lance-t-elle très fière. C’est vraiment mon domaine. J’aime être sur le terrain. »

 

La motivation comme principal diplôme

Sans le Bac et dans un métier plutôt masculin, Audrey casse les conventions. En CDD d’un mois, renouvelable en août, la jeune Chalonnaise a retrouvé l’espoir. « Je pensais que sans le Bac, je ne pourrais pas faire le métier que je veux. Mais là, j’ai la chance d’avoir un patron qui m’apprend le métier sur le tas. » Théophane, 20 ans, est lui aussi passé par la Mission locale. Originaire du Cameroun, sans le Bac, il démarre le 16 août prochain un contrat de 2 ans par alternance en boulangerie afin de passer son CAP. « C’est vraiment ma voie », explique-t-il. Auparavant, il a fait une Action préparatoire à l’alternance. Après le CAP, il espère ensuite enfin passer son Bac pro. « Ne pas avoir le Bac ou un diplôme qualifiant reste tout de même un handicap. Et puis, si ça se trouve, un jour, j’aurai ma propre boulangerie au Cameroun ! »

 

Caroline Musquet - Edition du Journal de Saône et Loire - 14/07/2010